La MAFAC à Sarazm

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Petit historique

La MAFAC, mission archéologique française en Asie Centrale, créée en 2015, marche sur les traces d’une importante collaboration franco-tadjike initiée dès 1984 par par A.Isakov, H-P Francfort, puis reprise par Roland Besenval, archéologue spécialiste de l’Asie centrale décédé au Tadjikistan sur le site de Sarazm, dans la vallée du Zeravshan, en 2014. Un mémorial en son honneur sera installé prochainement sur le site de Sarazm à l’initiative des autorités tadjikes.

Le site

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La mission de la MAFAC dirigée par Frédérique Brunet conduit ses fouilles sur la vallée fluviale du Zeravchan, qui traverse l’Ouzbékistan à l’Ouest et le Tadjikistan à l’Est. C’est sur ce site, riche en or et en pierres précieuses, qu’ont émergé les premières civilisations nomades et sédentaires en Asie Centrale, entre -5000 et -3000 avant notre ère, pendant la période du chalcolithique. Sarazm est le premier site tadjik classé sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (2010). On y trouve des manifestations architecturales variées : bâtiments monumentaux, habitats domestiques, quartiers artisanaux.

La mission

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La MAFAC collabore étroitement les institutions scientifiques d’Ouzbékistan et du Tadjikistan. L’équipe du MAFAC est internationale, ouverte à toutes les expertises, et perpétue une tradition de formation de jeunes cadres et étudiants locaux.
La MAFAC étudie sur le site le développement de relations internationales à grande échelle, avec la présence de routes commerciales à longue distance, des contacts avec notamment les steppes sibériennes et l’Iran.
D’autres problématiques importantes sont l’émergence du phénomène urbain pendant la période, ainsi que la mise en place du clivage nomades / sédentaires. Les phénomènes en jeu sont complexes et nombreux et nécessitent une équipe pluridisciplinaire.
La mission s’attache à restaurer, à présenter le site et les antiquités présentes sur le site, ainsi qu’à élucider les raisons de son abandon. Il s’agira également d’initier des mesures rendant le site compréhensible aux touristes : signalétique, panneaux explicatifs.
Le terrain ainsi que la maison de fouille sont mis gracieusement à disposition des archéologues par le Tadjikistan.

Perspectives et projets parallèles

  • Les résultats de la collaboration franco-tadjike initiée dans les années 80 ne sont que peu publiés : la MAFAC s’attache à rattraper le retard documentaire accumulé. La mission sera suivie de publications scientifiques et de conférences dans plusieurs grandes villes. La cartographie de missions archéologiques sur le site Latitude France sera mise à jour. Enfin, une exposition comprenant notamment des pièces préislamiques récupérées pendant les fouilles est prévue au Musée Guimet à Paris en 2019. Les pièces qui seront exposées appartiennent à une période se situant de l’âge de bronze à la fin de l’ère des Samanides (-3000 - +1000).
  • Une mission a été déployée en octobre par le CNRS à Tacht-I-Sangin, autre site archéologique tadjik d’une grande richesse. La mission étudie l’héritage hellénistique en Bactriane, colonisée par les Grecs sous Alexandre le Grand.
  • L’ambassade de France à Douchanbé soutient également un grand projet de préservation des langues parlées au Tadjikistan. Porté par le linguiste Nicolas Tournadre du laboratoire Lacito du CNRS, ce projet vise à identifier et classifier ces langues indo-iraniennes qui risquent de disparaître d’ici une ou deux générations et sont précieuses non seulement pour dresser un panorama linguistique du Tadjikistan moderne, mais aussi compléter nos connaissances actuelles sur la famille des langues indo-iraniennes.

Dernière modification : 27/10/2017

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